franc


franc

1. franc, franque [ frɑ̃, frɑ̃k ] n. et adj.
Xe; lat. Francus, frq. Frank, nom ethnique, p.-ê. du germ. °frëka- « avide de combat »; cf. friquet
1Membre des peuplades germaniques qui, à la veille des grandes invasions, occupaient les rives du Rhin (Francs Ripuaires) et la région maritime de la Belgique et de la Hollande (Francs Saliens). « ces Francs, lesquels en très petit nombre et en très peu de temps, s'emparèrent de toutes les Gaules » (Voltaire). Relatif aux Francs Saliens. salique.
Adj. Les tribus franques. Langue franque. francique.
2(depuis les Croisades) Vx Européen, Européenne des ports de la Méditerranée orientale. Le quartier des Francs.
Adj. La colonie franque de Tripoli. La langue franque : le sabir lingua franca »).
franc 2. franc, franche [ frɑ̃, frɑ̃ʃ ] adj.
• 1080; de 1. franc
I
1Vx De condition libre.
Métaphysiquement ou moralement libre. Franc arbitre [ frɑ̃karbitr ] :libre arbitre.
2Mod. (en loc.). Sans entrave, ni gêne, ni obligation. Avoir les coudées franches. Franc du collier. Franche lippée.
Corps francs : troupes ne faisant pas partie des unités combattantes régulières. ⇒ franc-tireur. (1921 ) Sport Coup franc : coup tiré sans opposition de l'adversaire, pour sanctionner une faute. But, panier marqué sur coup franc. Mar. Barre franche : barre de gouvernail qu'on manœuvre directement à la main, sans l'aide d'une roue ou d'un palan. Pompe franche, qui ne rejette plus d'eau.
3Libéré de certaines servitudes; exempt de charges, taxes, impositions ( franchise).
Anciennt Ville franche, qui avait obtenu une charte de franchise.
Mod. Port franc. Zone franche. Boutique franche, située dans une zone (aéroports, bateaux, etc.) où les produits vendus sont exemptés de taxes (cf. Boutique hors taxes). — Franc de port (généralt inv.) :dont le destinataire n'a pas à payer les frais de port et d'emballage. ⇒ 1. franco. Expédier franc de port une caisse de vins (opposé à en port dû) .
II
1(XIIe) Qui s'exprime ou se présente ouvertement, en toute clarté, sans artifice, ni réticence. 1. droit, honnête, loyal, ouvert, sincère, spontané. Personne franche, d'un naturel franc. Je serai franc avec vous : je vous parlerai franchement. ⇒ 1. direct. Loc. Franc comme l'or : très franc. — Adv. Littér. franchement. Parler franc.
Qui exprime la loyauté. Un regard franc. « Sa figure est bonne et franche » (Loti). Un rire franc. Avoir une franche explication avec qqn. « Une gaieté naïve et franche » (Laclos). Une franche hostilité : une hostilité déclarée. ⇒ 2. net, ouvert. Loc. Jouer FRANC JEU : agir loyalement, sans rien dissimuler, en respectant les règles. ⇒ fair-play (cf. Cartes sur table).
2Par ext. Qui présente des caractères de pureté, de naturel. pur, simple. « Il emploie rarement les couleurs franches, il préfère les nuances indécises » (Stendhal). tranché. Un rouge franc.
Spécialt, agric. Terre franche, contenant dans des proportions harmonieuses les éléments nécessaires à la culture.
3(Av. le nom) Péj. Qui est véritablement tel. achevé, fieffé, parfait, vrai. Une franche canaille. C'est une franche comédie. véritable.
4Dr. Huit jours francs : huit jours complets non compris celui de l'acte, de l'événement, de la décision ou de la notification qui fait courir le délai.
⊗ CONTR. Assujetti, taxé. — Artificieux, dissimulé, hypocrite, menteur, sournois. Équivoque, 1. louche. Douteux. franc 3. franc [ frɑ̃ ] n. m.
• 1360; probablt de la devise Francorum rex « roi des Francs » sur les premières pièces de ce nom, frappées sous les règne de Jean II le Bon
1Anciennt Monnaie d'or équivalant à une livre, ou vingt sols.
(depuis 1795) Unité monétaire légale de la France, dont la valeur a souvent varié, en particulier en 1960, où un nouveau franc (fam., vieilli franc lourd) a été institué, valant cent anciens francs ( centime). Abrév. F. 2. f. Un billet de cinquante francs, une pièce de dix francs. fam. 4. balle. Ça fait 10 francs 50 (centimes). Avoir cent francs en poche. Mille francs. kilofranc. Dix mille francs. fam. bâton, brique, patate; million. Dévaluation du franc. Loc. Au marc le franc. Trois francs six sous : peu d'argent. Je l'ai eu pour trois francs six sous, pour presque rien. Écon. Franc vert : franc français, en tant qu'unité des prix agricoles européens. — Zone franc.
2(Hors de France) Franc belge, franc suisse, franc luxembourgeois : unité monétaire légale de la Belgique, de la Suisse, du Luxembourg. Franc C. F. A. ( C. F. A.) . Les francs français, belge et luxembourgeois cèdent la place à l'euro, d'abord (janvier 1999) dans les transactions boursières et financières.

franc nom masculin (peut-être de franc, signifiant « libre », ou de Francorum rex, roi des Francs, devise des premières pièces de monnaie) Ancienne unité monétaire principale de la France (franc français, qui avait également cours en principauté d'Andorre et à Monaco), de la Belgique (franc belge) et du Luxembourg (franc luxembourgeois). [Devenus dès le 1er janvier 1999 des subdivisions de l'euro, le franc français, le franc belge et le franc luxembourgeois cessent d'exister, au profit de la monnaie unique européenne, en 2002.] Unité monétaire principale de la Suisse (franc suisse, qui a cours également au Liechtenstein), de plusieurs pays d’Afrique francophone (franc du Burundi, franc congolais, franc de Djibouti, franc guinéen, franc malgache, franc rwandais) ou de certains pays liés à la France par des accords de coopération monétaire (franc C.F.A., franc comorien), ainsi que de la Polynésie française, de Wallis-et-Futuna et de la Nouvelle-Calédonie (franc C.F.P.). ● franc (citations) nom masculin (peut-être de franc, signifiant « libre », ou de Francorum rex, roi des Francs, devise des premières pièces de monnaie) Gustave Flaubert Rouen 1821-Croisset, près de Rouen, 1880 Académie française, 1880 […] Soixante et quinze francs en pièces de quarante sous […]. Madame Bovary franc (expressions) nom masculin (peut-être de franc, signifiant « libre », ou de Francorum rex, roi des Francs, devise des premières pièces de monnaie) Au marc le franc, se dit d'un mode de répartition ou de paiement fait à chacun en proportion de sa créance ou de son intérêt dans une affaire. Franc C.F.A., unité monétaire principale de plusieurs pays d'Afrique de l'Ouest membres de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (U.E.M.O.A.) [Bénin, Burkina, Côte d'Ivoire, Guinée-Bissau, Mali, Niger, Sénégal, Togo], et de l'Afrique centrale membres de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (C.E.M.A.C.) [Cameroun, République centrafricaine, Congo, Gabon, Guinée équatoriale, Tchad] ; dans la zone U.E.M.O.A., le sigle C.F.A. est développé en franc de la Communauté financière africaine ; dans la zone C.E.M.A.C., il a pour développement Coopération financière en Afrique centrale. (Créé par le décret du 25 décembre 1945 sous le nom de « franc des colonies françaises d'Afrique », le franc C.F.A. était relié au franc français par un taux de change fixe, demeuré inchangé de 1945, année de la création de la zone franc, à janvier 1994, date de la dévaluation de 50 % du F.C.F.A. Le franc C.F.A. passa alors de 0,02 à 0,01 franc. Depuis le 1er janvier 1999, le franc C.F.A. est défini par rapport à l'euro ; sa parité est fixée à : 1 000 F.C.F.A. = 1,524 euros ou 1 euro = 655,957 F.C.F.A.) Franc C.F.P. (sigle de Change franc convertible) ou franc Pacifique , unité monétaire principale des T.O.M. de la région pacifique (Polynésie française, Wallis-et-Futuna) et de la Nouvelle-Calédonie. (Créé en 1945 sous le nom de franc Colonies françaises du Pacifique, il est défini par une parité fixe par rapport au franc français : 1 F.C.F.P. = 0,055 F.F. ou 1 F.F. = 18,18 F.C.F.P. Depuis le 1er janvier 1999, le franc C.F.P. est défini par rapport à l'euro selon une parité fixe : 1 000 F.C.F.P. = 8,38 euros ou 1 euro = 119,331 F.C.F.P.) Franc comorien (ou franc des Comores), unité monétaire principale des Comores. (La parité franc comorien par rapport au franc français était fixée à : 1 F.C. = 0,0133 F.F. ou 1 F.F. = 75 F.C. ; depuis le 1er janvier 1999, le franc comorien est établi par rapport à l'euro selon une parité fixe : 1 000 F.C.= 2,03 euros ou 1 euro = 491,967 F.C.) Franc vert, franc utilisé pour les échanges de produits agricoles dans la Communauté européenne et qui avait une contre-valeur en unités de compte (écus) calculée grâce à un taux dit taux vert. (Il échappait aux effets de la dévaluation [ou réévaluation] du franc « courant ».) Nouveau franc, dénomination longtemps utilisée pour désigner l'unité monétaire légale adoptée en France en 1960. (Le nouveau franc se définissait par opposition au franc antérieurement en vigueur, dit ancien franc, 1 nouveau franc valant 100 anciens francs.) Zone franc, ensemble de pays africains (pays utilisant le franc C.F.A. et Comores) liés à la France par une coopération monétaire institutionnalisée. (Le remplacement du franc français par l'euro n'affecte pas le fonctionnement de cet espace monétaire, le franc C.F.A. et le franc comorien étant désormais définis par une parité fixe par rapport à l'euro.) ● franc adverbe Ouvertement, sans dissimulation, en toute franchise : Parlons franc.franc, franche adjectif (bas latin francus, qui appartient à la race franque, libre) Boutique franche, Magasin qui, en certains emplacements (gares aériennes, ferries, etc.), bénéficie de l'exemption de taxes sur les produits qui y sont commercialisés. Franc d'avaries particulières, clause qui limite la garantie d'une compagnie d'assurances maritimes en cas de perte totale du navire. Franc de coulage, clause qui exclut des risques garantis par une assurance le risque de coulage et d'évaporation de liquides transportés. Franc de port, se dit de lettres, colis ou marchandises dont les frais de port ont été payés par l'expéditeur. Gouverner à la barre franche, se servir directement de la barre du gouvernail, quand, par suite d'avaries, la drosse de la roue de transmission ne peut plus fonctionner. Groupes francs, pendant la Première Guerre mondiale et au début de la Seconde, unités légères de combat, souvent réunies en corps francs, chargées de missions spéciales ou délicates confiées plus tard aux commandos. Port franc, zone franche, port ou région frontière où les marchandises étrangères pénètrent librement, sans formalité ni paiement de droits. Ville franche, ville qui ne payait pas la taille. ● franc, franche adjectif (de franc) Qui agit de façon claire, sans équivoque ni arrière-pensée : Un homme franc et sincère. Qui manifeste cette qualité : Un regard franc. Qui parle sans détour ni dissimulation, qui ne cache pas sa pensée : Soyez franc, ne me cachez rien. Où il n'y a ni équivoque, ni arrière-pensée, ni dissimulation : Ce n'est pas une réaction franche. Qui est net, précis, non douteux : Une situation franche. Montrer une franche hostilité. Qui est sans mélange ; pur : Vert franc. Littéraire. Qui est véritablement, franchement tel : Un franc scélérat. Se dit d'un délai où on ne compte ni le jour de départ ni celui du terme : Passer dix jours francs à l'étranger. Arboriculture Se dit d'un sujet, généralement issu de semis, appartenant à la même espèce que le greffon. Beaux-arts Se dit d'une technique, d'une manière libre et sûre. ● franc, franche (expressions) adjectif (bas latin francus, qui appartient à la race franque, libre) Boutique franche, Magasin qui, en certains emplacements (gares aériennes, ferries, etc.), bénéficie de l'exemption de taxes sur les produits qui y sont commercialisés. Franc d'avaries particulières, clause qui limite la garantie d'une compagnie d'assurances maritimes en cas de perte totale du navire. Franc de coulage, clause qui exclut des risques garantis par une assurance le risque de coulage et d'évaporation de liquides transportés. Franc de port, se dit de lettres, colis ou marchandises dont les frais de port ont été payés par l'expéditeur. Gouverner à la barre franche, se servir directement de la barre du gouvernail, quand, par suite d'avaries, la drosse de la roue de transmission ne peut plus fonctionner. Groupes francs, pendant la Première Guerre mondiale et au début de la Seconde, unités légères de combat, souvent réunies en corps francs, chargées de missions spéciales ou délicates confiées plus tard aux commandos. Port franc, zone franche, port ou région frontière où les marchandises étrangères pénètrent librement, sans formalité ni paiement de droits. Ville franche, ville qui ne payait pas la taille. ● franc, franche (synonymes) adjectif (bas latin francus, qui appartient à la race franque, libre) Boutique franche
Synonymes :
- free shop
franc, franche (citations) adjectif (de franc) Anatole François Thibault, dit Anatole France Paris 1844-La Béchellerie, Saint-Cyr-sur-Loire, 1924 Académie française, 1896 Une femme est franche quand elle ne fait pas de mensonges inutiles. Le Lys rouge Calmann-Lévyfranc, franche (expressions) adjectif (de franc) Franc comme l'or, d'une grande franchise. Terre franche, terre ayant de bonnes qualités physiques, facile à travailler. Franc de pied, se dit d'un arbre non greffé, issu directement d'un semis ou d'une bouture. Pierre franche, pierre de construction qui n'est ni trop tendre ni trop dure. ● franc, franche (synonymes) adjectif (de franc) Qui agit de façon claire, sans équivoque ni arrière-pensée
Synonymes :
- carré
- honnête
- rond (vieux)
Contraires :
- déloyal
- dissimulé
- renfermé
Où il n'y a ni équivoque, ni arrière-pensée, ni dissimulation
Synonymes :
- catégorique
- net
- sincère
- spontané
Contraires :
- équivoque
Qui est net, précis, non douteux
Synonymes :
- cru
- tranché
- véritable
Se dit d'un délai où on ne compte ni le...
Synonymes :
franc, franque adjectif et nom (bas latin Franci, pluriel de Francus, du francique frank) Qui appartient aux Francs. ● franc, franque (expressions) adjectif et nom (bas latin Franci, pluriel de Francus, du francique frank) Langue franque, synonyme de lingua franca. ● franc, franque (synonymes) adjectif et nom (bas latin Franci, pluriel de Francus, du francique frank) Langue franque
Synonymes :

franc, franche
adj.
rI./r
d1./d (Dans certaines loc.) Libre de ses mouvements, de son action. Avoir les coudées franches.
|| SPORT Coup franc.
d2./d Exempt d'imposition, de charges. Marchandise franche de taxes.
rII./r
d1./d Sincère, loyal. être franc comme l'or.
|| Qui indique la sincérité. Un regard franc.
Jouer franc jeu: agir en toute loyauté.
|| adv. Parlons franc.
d2./d Net. Une situation franche.
|| Plein, entier. Huit jours francs: huit jours complets.
d3./d Naturel, sans mélange. Couleur franche.
|| ARBOR Arbre franc, né de la graine d'un arbre venu déjà par culture (V. sauvageon).
d4./d (Devant le nom.) Un franc...: un vrai... Un franc imbécile. Une franche sottise.
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franc, franque
n. et adj. Membre d'un peuple germanique dont les tribus s'établirent définitivement en Gaule à partir du Ve s. (V. Francs).
|| adj. Période franque.
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franc
n. m.
d1./d Unité monétaire légale de la France.
d2./d Unité monétaire de plusieurs pays (V. tabl. monnaies.)
Franc C.F.A.: franc de la Communauté financière africaine (dans les pays de l'UMOA) ou de la Coopération financière en Afrique centrale (zone BEAC: V. encycl. ci-après), issu de la monnaie créée par la France par le décret du 25 déc. 1945 pour ses colonies africaines (sous le nom de franc des colonies françaises d'Afrique).
Franc C.F.P.: franc de la Communauté française du Pacifique, également issu de la monnaie créée par la France par le décret du 25 déc. 1945 (sous le nom de franc des colonies françaises du Pacifique), en vigueur dans les territoires français d'outre-mer situés en Océanie (Nouvelle-Calédonie, Polynésie française, Wallis-et-Futuna).
La zone franc: V. encycl. ci-après.
Franc constant, d'une valeur fictive calculée pour effacer les effets de l'inflation et permettre des comparaisons entre deux périodes (par oppos. à franc courant).
Encycl. La zone franc comprend, outre la France, les Comores et Monaco, deux unions monétaires: l'UMOA (Union monétaire ouest-africaine), regroupant le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d'Ivoire, le Mali, le Niger, le Sénégal, le Togo, et la zone BEAC (Banque des états d'Afrique centrale), formée du Cameroun, du Congo, du Gabon, de la Guinée équatoriale, de la République centrafricaine et du Tchad. La zone franc est fondée sur trois principes: la liberté des tranferts de fonds, la convertibilité illimitée entre les monnaies de la zone et les parités fixes entre le franc français et ces monnaies. La parité du franc C.F.A. a été fixée, en 1948, à 0,02 franc français, puis, en 1994, à 0,01 franc français.

I.
⇒FRANC1, FRANQUE; FRANK, FRANKE, adj. et subst.
I.— Substantif
A.— HIST., subst. masc. plur. Les Francs. Ensemble de tribus germaniques qui, à partir du IIIe siècle de notre ère, traversèrent le Rhin, envahirent la Gaule et y fondèrent une monarchie à la fin du Ve siècle. Francs Saliens, Ripuaires. Chlodéric, chef d'une tribu des Francs (CHATEAUBR., Martyrs, t. 2, 1810, p. 27) :
1. La noblesse française, comme celle de toute l'Europe, date de l'incursion des Barbares qui se partagèrent l'empire romain. En France les nobles représentaient les Francs et les Bourguignons, le reste de la nation, les Gaulois.
LAS CASES, Mémor. Ste-Hélène, t. 2, 1823, p. 61.
B.— Subst. masc. et fém.
1. Celui, celle qui appartenait à cette peuplade. Quatre femmes sont là, quatre épouses de chefs; La Franke Gudruna, l'inconsolable veuve (LECONTE DE LISLE, Poèmes barb., 1878, p. 96). V. composition ex. 9 :
2. ... cette loi établissait qu'en cas de meurtre le coupable paierait aux héritiers du mort une somme d'argent proportionnée à la condition de celui-ci. Pour la vie d'un esclave domestique on donnait de quinze à trente-cinq sous d'or (...) pour un Romain propriétaire cent sous, et le double pour un Frank ou tout autre Barbare vivant sous la loi salique.
THIERRY, Récits mérov., t. 1, 1840, p. 7.
2. [Du point de vue des Orientaux] Européen participant aux Croisades :
3. Quand ils ne purent plus défendre la ville basse, les Francs se retirèrent en bon ordre dans la citadelle (...) ils se préparaient inévitablement à capituler, lorsque, dans les premières lueurs de l'aube, une flotte chrétienne apparut à l'improviste devant Jaffa.
GROUSSET, Croisades, 1939, p. 278.
P. ext. [P. réf. aux Croisés, fondateurs de l'Empire du Levant et depuis cette époque] Européen occidental habitant ou faisant du négoce au Levant. Sur le quai, se pressaient une foule d'Européens, que là on appelle des Franks : marins, marchands, aventuriers de toute espèce, Ioniens, Grecs, Maltais, Dalmates, Français, Anglais, Valaques (GOBINEAU, Nouv. asiat., 1876, p. 297). — Hein, vous dites? un Frank, amant d'une Turque?... Mais, mon cher, à quoi pensez-vous! c'est folie, folie pure et simple... (FARRÈRE, Homme qui assass., 1907, p. 250).
II.— Adj. Qui appartient aux Francs; qui y est relatif; qui les concerne.
A.— Qui est relatif aux Francs, envahisseurs de la Gaule. Guerrier franc; rois francs; tribus franques; époque franque. Lorsque les races gauloise, romaine et franke, long-temps froissées et pressées entre la Seine et la Loire, se furent intimement confondues (SAINTE-BEUVE, Poés., 1829, p. 5). Audowere, avait à son service une jeune fille nommée Fredegonde, d'origine franke (THIERRY, Récits mérov., t. 1, 1840, p. 330). V. exproprier ex. 1 :
4. Il ne faut pas croire que l'invasion des Barbares se soit arrêtée au cinquième siècle; il ne faut pas croire, parce que l'empire romain est tombé, et qu'on trouve des royaumes barbares fondés sur ses ruines, que le mouvement des peuples soit à son terme (...). Voyez, sous la première race même, les rois francs continuellement appelés à faire la guerre au-delà du Rhin...
GUIZOT, Hist. civilisation, 3, 1828, p. 15.
Langue franque. Synon. vieilli de francique. Cf. CHATEAUBR., Mém., t. 4, 1848, p. 289.
B.— Qui est relatif aux Croisés. Princes francs. Manuel Comnène fit au souverain franc une réception magnifique (GROUSSET, Croisades, 1939, p. 204) :
5. [Il fallait] organiser la conquête. Qui deviendrait chef du nouvel état franc? Parmi les hauts barons qui avaient concouru à la prise de Jérusalem, le comte de Flandre et le comte de Normandie désiraient rentrer en Europe. Ne restaient en présence que Raymond de Saint-Gilles et Godefroi de Bouillon.
GROUSSET, Croisades, 1939 p. 46.
C.— Qui est relatif aux Européens du Levant. Quartier franc (LAS CASES, Mémor. Ste-Hélène, t. 1, 1823, p. 1082). Alexandrie. Ville composite. Vrai lieu de transit, aspect de colonie, c'est-à-dire résidence d'étrangers au sol (...). Nous sortons du quartier franc et visitons les quartiers arabes (FROMENTIN, Voy. Égypte, 1869, p. 45) :
6. ... la société franque de Constantinople, composée des officiers des ambassades, des consulats, des familles des drogmans et des négociants des diverses nations européennes, est très au-dessus de sa réputation.
LAMART., Voy. Orient, t. 2, 1835, p. 431.
Langue franque. Jargon mêlé de turc, d'arabe et de langues romanes (français, italien, espagnol...) en usage parmi les marins, les négociants des ports du Levant. La langue franque, parlée sur les côtes d'Afrique, est née de pièces rapportées des langues riveraines de la Méditerrannée (BONSTETTEN, Homme Midi, 1824, p. 94).
Prononc. et Orth. :[], fém. []. Ds Ac. 1835, 1878. La graph. frq. frank, fém. franke est bien attestée ds la docum. (supra). Étymol. et Hist. 1. Deuxième moitié du Xe s. adj. (S. Léger, éd. J. Linskill, 52); ca 1050 subst. (Alexis, éd. Chr. Storey, 40); 2. 1606 adj. « qualificatif donné aux Européens dans les ports du Levant » (NICOT); 1721 subst. (Trév.); 3. 1681 subst. hist. « membre des peuplades germaniques qui, à la veille des grandes invasions, occupaient les rives du Rhin et la région maritime de la Belgique et de la Hollande » (BOSSUET, Discours sur l'hist. universelle, I, 10 ds LITTRÉ); 1721 adj. peuples Francs (Trév.). Du b. lat. Franci, plur., au sens 3, lui-même empr. à l'a. b. frq. frank « id. ». Bbg. CHAURAND (J.). Introd. à l'hist. du vocab. fr. Paris, 1977, pp. 53-66. — HOLLYMAN (K. J.). Le Développement du vocab. féod. en France pendant le Haut Moy. Âge. Genève-Paris, 1957, 202.
II.
⇒FRANC2, subst. masc.
A.— HIST. Pièce de monnaie, primitivement d'or et frappée au XIVe siècle, puis devenue monnaie de compte équivalent à la livre sous Louis XIII. Franc d'argent. Trente mille francs d'argent (BARANTE, Hist. ducs Bourg., t. 2, 1821-24, p. 84) :
1. Le duc s'engagea à payer deux francs d'or par jour à chaque chevalier banneret, un franc à chaque chevalier bachelier, à l'écuyer un demi-franc, à l'arbalétrier et à l'archer un tiers de franc. Le franc d'or se divisait alors en vingt sols; le gage d'un valet de charrue était de sept francs par an, et il consommait pour trois à quatre francs de blé.
BARANTE, Hist. ducs Bourg., t. 1, 1821-24, p. 139.
B.— [De nos jours]
1. [En France] Unité monétaire de la France usitée depuis l'adoption du système décimal, valant dix décimes ou cent centimes, définie primitivement en argent et en or sous le nom de franc (de) germinal. Franc or; franc papier. Des dollars! des dollars! bien sûr, j'en ai des dollars. La dégringolade du franc est à peu près inévitable (DUHAMEL, Passion J. Pasquier, 1945, p. 99) :
2. Ricarda avait calculé au plus juste, deux cent cinquante mille francs pour le chalet (...) puis, comme il fallait tenir compte de l'instabilité du franc, quatre-vingt mille francs pour chacune des années de guerre qu'il comptait passer à Pléchéous...
ABELLIO, Pacifiques, 1946, p. 274.
Un franc. Synon. vieilli vingt sous.
Nouveau franc. Unité monétaire dont la valeur a été fixée à cent francs du système antérieur au premier janvier 1960, et qui a été appelée franc à partir de janvier 1963. Mille nouveaux francs, c'est-à-dire cent mille francs par an (ZITRONE, Courses, 1962, p. 296).
Ancien franc. Franc antérieur au 1er janvier 1960 (cf. JOCART, Tour. et action État, 1966, p. 194).
Au marc le franc.
Francs constants. ,,Dont la valeur est calculée suivant un procédé statistique qui permet d'éliminer les conséquences de l'érosion monétaire et de faire des comparaisons de prix dans le temps`` (CIDA 1973). On peut estimer de manière approximative le coefficient d'augmentation en francs constants des dépenses publiques couvertes par le Trésor (BELORGEY, Gouvern. et admin. Fr., 1967, p. 70).
Zone franc. Ensemble de pays, constitué par la France et la plupart des pays issus de l'Union Française, entre lesquels le franc circule librement. La quasi-totalité de cette aide [aux pays sous-développés] est accordée aux pays de la zone franc (Univ. écon. et soc., 1960, p. 40-11).
2. [Hors de France]
a) [À l'étranger] Unité monétaire définie comme le franc de germinal en France et adoptée par la Belgique en 1832, par la Suisse en 1850. Je compte les trois dîners offerts à Albert Thomas et à Ambroise Got à 7 francs suisses chacun (GIRAUDOUX, Siegfried et Lim., 1922, p. 244). Gouvernement de Bruxelles, où M. Camille Gutt, ministre des finances, vient effectivement de stabiliser le franc belge (DE GAULLE, Mém. guerre, 1959, p. 118).
b) [Dans l'ex-Communauté Fr.] Unités monétaires définies par rapport au franc lors de leur création en 1945 et servant dans les colonies françaises d'Afrique (franc CFA) et dans les colonies françaises du Pacifique (franc CFP). (Lar. 20e Suppl. 1953, Lar. encyclop. ROB., Lar. lang. Fr.).
Prononc. et Orth. :[]. c ne se prononce pas, même devant voyelle; ex. : franc/or []. Cf. lettre C. À comparer avec franc, franche. Ds Ac. 1694-1932. L'abrév. normalisée est F (non suivi d'un point) et non pas Fc, et elle est inv. au plur. (cf. DUPRÉ 1972, pp. 1056-1057). Étymol. et Hist. 1. 1360 « monnaie d'or équivalant à une livre » (Ordonnances des rois de France de la troisième race, t. 3, p. 438 : Nous avons ordené & ordenons que le Denier d'Or fin que Nous faisonz faire à présent & entendonz à faire continuer, sera appellé Franc d'Or); 2. 1795 [18 germ. an III] « unité monétaire légale de la France » (Décret ds BRUNOT t. 9, 2, p. 1152). Orig. obsc. L'étymol. gén. admise, d'apr. laquelle franc serait issu, p. abrév., de Francorum rex figurant sur les pièces de monnaie, se heurte au fait que cette légende se trouve, sous diverses formes, dès les XIIe-XIIIe s. (CIANI, p. 25, 40-41). Pour d'autres explications, v. BLANCHET-DIEUD. t. 2, p. 259 et A. Landry ds R. numismatique, 4e série, t. 13, 1909, pp. 126-129.
III.
⇒FRANC3, FRANCHE, adj.
I.— Qui est libre.
A.— [En parlant d'une pers.]
1. Vieilli. Qui est libre; p. oppos. à serf, à esclave. Les gens de la ville, ceux de Vilschberg et de Hâzelbourg étaient de condition franche; mais (...) ceux des autres villages, tant hommes que femmes, étaient serfs (ERCKM.-CHATR., Hist. paysan, t. 1, 1870, p. 5). V. franchise ex. 1 :
1. On a là [dans la Chanson des Loherains] un fort bel et fort distinct épisode de la vie féodale dans les premiers siècles : une scène de famille d'abord (...) une chasse en pleine forêt; une grande et noble figure de gentilhomme, de franc homme, séparé de sa suite (...) se défendant contre une bande de gens de rien enhardis par l'espoir du butin et d'une riche proie.
SAINTE-BEUVE, Prem. lundis, t. 3, 1869, p. 152.
Rem. À l'oppos. franc/esclave a été substituée l'oppos. libre esclave.
2. Qui n'a ni gêne, ni entrave; qui est sans contrainte.
Avoir les coudées franches. Ne pas être gêné à table par ses voisins. Il veut avoir ses coudées franches (Ac. 1835, 1878).
Au fig. Avoir l'esprit libre, ne pas être gêné par quelque contrainte (morale ou extérieure) que ce soit. M. Brisson s'est débarrassé de ses impedimenta de programmes pour avoir ses coudées franches dans la noble entreprise de rendre ce pays à lui-même (CLEMENCEAU, Iniquité, 1899, p. 441) :
2. Je n'arrive pas à retrouver la tranquillité d'esprit dont j'aurais pourtant si besoin (...) je sens que si j'avais mes coudées franches, aucune des choses que je désespérais avant la guerre de pouvoir accomplir, ne résisterait à la pression d'une attention non préoccupée.
DU BOS, Journal, 1922, p. 101.
Corps franc. Petit corps de troupe composé de volontaires pendant la guerre, et n'appartenant pas à l'armée régulière. Ton neveu (...) en 1815, a fait partie de ce régiment de brigands appelés corps francs, levé contre les Prussiens (STENDHAL, Lamiel, 1842, p. 60). Unité légère d'infanterie dotée d'une certaine autonomie, spécialement entraînée pour exécuter isolément des missions délicates. La région de Tabarca défendue par le corps franc du général de Monsabert et les tabors marocains (DE GAULLE, Mém. guerre, 1956, p. 99). Cf. franc-tireur.
Être franc de + subst. Être exempt de. Le roi ordonnait que les habitants de Greux et de Domremy fussent francs de toutes tailles, aides, subsides et subventions (FRANCE, J. d'Arc, t. 1, 1908, p. 524).
Au fig., vieilli. Être franc de toute passion, franc d'ambition. ,,Libre et exempt de toute passion, d'ambition`` (Ac. 1798-1932). Un rire si franc de coquetterie, qu'il devait être ou bien hardi, ou bien innocent (SOULIÉ, Mém. diable, t. 1, 1837, p. 119).
MAR. Barre franche. ,,Barre de gouvernail que l'on manœuvre directement à la main sans l'intermédiaire d'une roue`` (GRUSS 1952). Gouverner à barre franche (LITTRÉ).
SP. Coup franc.
3. Qui est moralement libre; qui agit de sa propre volonté. Ayez le courage de me suivre, et si votre volonté est franche, si votre conscience est libre, si votre esprit sait unir deux propositions (PROUDHON, Propriété, 1840, p. 133).
Franc arbitre. Cf. franc- A 2 et libre-arbitre.
B.— [En parlant de qqc.] Qui est exempt de charges, de droits, de taxes; qui ne paie pas de taxes, d'impôts. Ici, vous cultivez des terres franches et libres, et ne travaillez que pour vous-même, puisque vous ne payez ni redevances, ni impositions (CRÈVECŒUR, Voyage, t. 3, 1801, p. 139).
Familier
Franche lippée (vieilli)
,,Repas qui ne coûte rien`` (Ac. 1835-1932) :
3. Destitué de son pouvoir [de garde-chasse], il [Courte-cuisse] avait perdu ses franches lippées au cabaret, et il criait, comme tous les niais, à l'ingratitude.
BALZAC, Paysans, 1844, p. 227.
,,Repas où l'on mange tout son soûl`` (Ac. 1932).
Chercheur de franche lippée (vx). Synon. de parasite (Ac. 1798) et de parasite de profession (Ac. 1835, 1878).
Franc de port. [En parlant d'une lettre, d'un paquet] Dont le port est payé par l'expéditeur. Me serait-il possible (...) de faire passer (...) de l'argent franc de port à un frère que j'ai, sergent dans la garde? (MÉRIMÉE, Théâtre C. Gazul, 1825, p. 29).
Rem. Franc de port prend la marque du fém. lorsque le subst. le précède : La caisse (...) est partie ce matin (...) et vous arrivera franche de port (HUGO, Corresp., 1869, p. 166). Cependant il reste parfois dans ce cas, à la forme masc. et est pris alors adverbialement : Nous le répétons, dans l'intérêt des bonnes mœurs, les fournisseurs doivent leurs marchandises franc de port (BALZAC, Œuvres div., t. 1, 1825, p. 112). Il est inv. lorsqu'il précède le nom et s'emploie alors adverbialement; dans ce cas il est synon. de francol.
Avoir le port franc/ses ports francs (vieilli). Être dispensé de payer le port de ce qu'on reçoit par la poste. Il a le port franc par son père (LAMENNAIS, Lettres Cottu, 1822, p. 130).
Jouer part francheranche part (vx). ,,Lorsque plusieurs personnes jouant à qui aura quelque étoffe, quelque bijou, etc. conviennent que celui qui gagnera ne paiera rien pour sa part`` (Ac. 1798-1878).
Au fig. Participer au bénéfice d'une affaire sans y avoir jamais fait d'apport. Avoir part franche dans une affaire (LITTRÉ).
Port franc. Port dans lequel les marchandises ne paient pas de droits d'entrée ni de sortie. En sa qualité de port franc, elle [Gênes] n'a pas à sa portée de meilleur moyen que d'attirer dans ses bassins le plus de commerce de transit possible (GOBINEAU, Corresp. [avec Tocqueville], 1851, p. 184).
HISTOIRE
Province franche/pays franc. Province, pays, qui sous l'Ancien Régime, était exempt de gabelle :
4. Cependant la nécessité d'empêcher les habitants des pays francs ou rédimés d'introduire du sel dans les provinces sujettes à la gabelle avait fait apporter certaines restrictions au commerce du sel...
STOCKER, Sel, 1949, p. 101.
Ville franche. Celle qui ne payait pas de taille. Les privilégiés, c'étaient aussi les bourgeois qui avaient acquis des offices, les habitants des villes franches ou de certaines provinces, en général nouvellement réunies (BAINVILLE, Hist. Fr., t. 1, 1924, p. 262).
Zone franche. Région frontalière dans laquelle les marchandises entrent et circulent sans payer de droits. Dans les pays protectionnistes, l'existence de ports francs et de zones franches contribue dans une large mesure au développement de la fonction commerciale (M. BENOIST, PETTIER, Transp. mar., 1961, p. 216).
DR. Clause franc et quitte. Clause du contrat de mariage par laquelle ou bien le futur époux déclare que son apport n'est grevé d'aucune dette (ou d'autre que celle indiquée au contrat) (clause d'apport franc et quitte) ou bien la future épouse stipule qu'en cas de renonciation à la communauté elle reprendra tout ou partie de ce qu'elle y aura apporté (lors du mariage ou après) (Clause de reprise franc et quitte) (d'apr. CAP. 1936). Lorsque la communauté est poursuivie pour les dettes de l'un des époux, déclaré, par contrat, franc et quitte de toutes dettes antérieures au mariage, le conjoint a droit à une indemnité (Code civil, 1804, art. 1513, p. 279).
II.— Qui est net, sans hésitation; qui n'est pas douteux; qui agit librement; qui est vrai, complet.
A.— [En parlant de qqn]
1. Qui dit librement ce qu'il pense; qui ne manifeste que des sentiments réels. Qui agit ouvertement, de manière droite ou directe, qui ne dissimule pas. Être franc. Malek Adhel, impétueux, intrépide, franc jusqu'à l'indiscrétion (COTTIN, Mathilde, t. 1, 1805, p. 110). Caractère franc et communicatif (BALZAC, Méd. camp., 1833, p. 29). Nature franche, loyale, ouverte, furieusement épanouie (GONCOURT, Journal, 1860, p. 711).
Pour être franc. Pour dire ce que je pense.
Au fig. et fam., vieilli. Un franc Gaulois. ,,Un homme de bonne foi`` (Ac. 1798-1878).
P. plaisant. ,,Homme qui a de la simplicité et de la rudesse dans les manières`` (Ac. 1835, 1878).
Expressions
Être franc comme l'osier (vieilli). [P. réf. à l'osier qui ne présente pas de nœuds] Être sans détour, d'une sincérité à toute épreuve. Il a le cœur chaud et des sentiments d'honneur : c'est franc comme l'osier et sage comme un Enfant-Jésus, enfin le roi des hommes (BALZAC, C. Birotteau, 1837, p. 41).
Être franc comme l'or. [P. réf. à la pureté de l'or] Même sens. Franc comme l'or, loyal comme son épée (...) [il] se targuait d'une farouche indépendance (FRANCE, Île ping., 1908, p. 226).
2. Qui révèle, manifeste la loyauté.
a) [En parlant de l'aspect physique, de l'attitude, du comportement] Qui reflète la loyauté sans dissimulation, sans fausseté. Figure franche; être franc d'allure. L'air franc et décidé, l'attitude fière et même un peu hautaine (SANDEAU, Mlle de La Seiglière, 1848, p. 119). Ce regard franc et pur (...) ce joli regard (CHARDONNE, Épithal., 1921, p. 323) :
5. De là leur vient cet air assuré qu'ils ont.
Si agréable à voir.
Ce regard franc, ce regard insoutenable à voir et qui soutient tous les regards.
Si doux, si agréable à regarder.
Ce regard insoutenable à soutenir.
Ce regard franc, ce regard droit qu'ils ont, ce
Regard doux, qui vient tout droit de paradis.
PÉGUY, Porche du Myst., 1911, p. 190.
b) [En parlant du comportement, des sentiments] Qui est empreint de loyauté, sans dissimulation. Explication franche. Ils s'étaient liés, d'une bonne et franche amitié de vieillards (MAUPASS., Contes et nouv., t. 2, Après, 1893, p. 102). Il me proposa une « franche discussion » pour établir des relations plus satisfaisantes dans l'intérêt des deux pays (DE GAULLE, Mém. guerre, 1956, p. 24). V. franchise ex. 6.
Franc-parler. Cf. franc- A 2.
Fam. Jouer franc(-)jeu. Agir sans ambiguïté, sans tromperie. Vous n'avez pas joué franc jeu avec nous, et (...) nous ne sommes tenus à rien envers un associé qui nous trompe! (BALZAC, Cous. Pons, 1847, p. 299). Les Français qui jouaient franc jeu, s'indignaient de ce que les Allemands, à la guerre, n'observassent pas les règles du jeu (GIDE, Journal, 1914, p. 476).
Y aller de franc jeu. ,,Y aller pour tout de bon sans arrière pensée`` (Ac. 1878-1932).
B.— [En parlant de qqc., parfois d'un animal] Qui présente des caractères de netteté, de naturel, de pureté, d'équilibre.
1. Qui n'est pas douteux; qui est net sans ambiguïté; qui est équilibré, sans rien d'excessif. Allure franche; situation franche. Un sommeil bien franc (DELILLE, Homme des champs, 1800, p. 42). Sur la terre blanche de lune, l'ombre se dessina d'une ligne franche et nette (ZOLA, Rêve, 1888, p. 68). Ils demandent quatre sous par taupe prise, huit sous par taupe dépouillée. Mais le gain est franc, car on les loge et on les nourrit (PESQUIDOUX, Chez nous, 1921, p. 227).
P. métaph. :
6. L'Empereur se mêlait de toutes choses; son intellect ne se reposait jamais; il avait une espèce d'agitation perpétuelle d'idées. Dans l'impétuosité de sa nature, au lieu d'un train franc et continu, il s'avançait par bonds et haut-le-corps, il se jetait sur l'univers et lui donnait des saccades...
CHATEAUBR., Mém., t. 2, 1848, p. 648.
Cheval franc d'amble. ,,Cheval qui va l'amble naturellement`` (LITTRÉ).
Cheval franc du collier. ,,Cheval qui tire de lui même sans qu'il soit besoin de lui donner des coups de fouet`` (Ac. 1835, 1878).
P. ext. et proverbial. [Pour un individu] Être franc du collier. Agir de manière ouverte, sans réticence; être toujours prêt à faire ce que demandent les amis, ce que commandent l'honneur, le devoir. Avec les parents, c'est malheureux à dire, il ne faut jamais être tout à fait franc du collier (MONTHERL., Ville dont prince, 1951, II, 2, p. 888).
Pierre franche. [Dans la classification en pierres dures et pierres tendres] Pierre ni trop dure, ni trop tendre, qui se casse net, sans éclats (d'apr. NOËL 1968). C'était propre et bien sec, tout dallé, tout tapissé de grosses pierres carrées, bien franches (GIONO, Baumugnes, 1929, p. 151).
MAR. ,,Le vent est franc. Sa direction est telle, que le bâtiment peut, avec ses voiles orientées obliquement à la quille, suivre la route déterminée`` (Ac. 1835-1932).
Pompe franche. Pompe qui ne rejette plus d'eau (qui est épuisée), qui fonctionne à vide. (Ds LITTRÉ, GUÉRIN 1892, DG, Pt ROB., Lexis 1975).
PEINT., SCULPT. [En parlant de l'œuvre d'un artiste ou de son exécution] Qui est hardi, aisé; qui ne comporte ni maladresse, ni tâtonnement. Pinceau, ciseau, burin franc (Ac. 1798-1878). Manière franche. Touche franche. Dessin, coloris franc (Ac. 1835-1932).
2. Qui est complet, entier.
Jour franc. Jour complet de vingt quatre heures comptées de zéro heure à zéro heure. — Mille diables? pensait-il en enfilant le boulevard de Gand, ai-je bien pris mes mesures? Voyons! Deux jours francs, dimanche et lundi : puis, un jour d'incertitude avant qu'on ne me cherche, ces délais me donnent trois jours et quatre nuits (BALZAC, Melmoth, 1835, p. 328).
Vx. ,,Sauter vingt quatre semelles franches. Les sauter sans que rien y manque`` (Ac. 1798-1878).
MARINE
Franc-tillac. ,,Pont, tillac de plain-pied, sans interruption. Il ne se dit que Du pont des bâtiments de commerce. Le capitaine du navire répond des objets chargés sous le franc-tillac, sous franc-tillac`` (Ac. 1835, 1878).
Nuit franche. Nuit de repos complète :
7. Il est neuf heures du soir. Enfermé dans ma chambre de bord, je jouis de cette quiétude égoïste que les marins seuls connaissent, celle de l'officier qui a fini son quart. J'ai la « nuit franche », comme cela s'appelle en marine, plus de service avant demain midi...
LOTI, Journal, t. 1, 1878-81, p. 124.
JEUX. Franc carreau. Jeu consistant à jeter une pièce de monnaie le plus près du centre d'un carreau dessiné sur le sol. Jouer au franc carreau (Ac. 1835, 1878).
3. Qui est pur, sans mélange :
8. Quelquefois des circonstances invincibles précipitent deux nations l'une dans l'autre et les forcent à se mêler; alors leurs principes constituants se pénètrent, et il en résulte une nation hybride qui peut être plus ou moins puissante et célèbre que si elle était de race franche.
J. DE MAISTRE, Souveraineté, 1821, p. 326.
a) [En parlant d'une pers., antéposé à valeur superl.] Qui possède les qualités propres à sa race, à sa province. Un franc Breton, Picard. Ce franc chevalier [le comte d'Egmont] (STAËL, Allemagne, t. 3, 1810, p. 36). Le bon géant (...) laissa échapper, en franc Berrichon, des jurements si épouvantables que l'on dut se hâter de le tuer pour l'empêcher de scandaliser l'assistance (SAND, Beaux MM. Bois-Doré, t. 1, 1857, p. 300).
Péj. [À valeur d'intensif] Son fils, qu'on appelait Coco, était un franc polisson et l'est encore, à ce qu'on dit (MICHELET, Mémor., 1820-22, p. 188). Tiens, Perrin, si tu veux connaître la tête d'une franche canaille, rappelle-toi celle-là! (DURANTY, Malh. H. Gérard, 1860, p. 256).
b) [En parlant de qqc. ou d'un animal] Qui n'a pas subi de mélange; qui a toutes les caractéristiques du type de son espèce. Moineau franc. Dans les tortues franches, tous ces muscles sont remplacés par des trousseaux de fibres aponévrotiques (CUVIER, Anat. comp., t. 1, 1805, p. 397). Sur la rive droite de la rivière s'étageaient de magnifiques échantillons des ulmacées, ces précieux francs-ormes, si recherchés des constructeurs, et qui ont la propriété de se conserver longtemps dans l'eau (VERNE, Île myst., 1874, p. 230) :
9. Autrefois, les baleines franches se plaisaient dans les eaux de l'île; mais tant de pêcheurs les avaient poursuivies et harponnées, qu'il en restait à peine. Les amphibies, au contraire, s'y rencontraient par troupeaux.
VERNE, Enf. Cap. Grant, t. 2, 1868, p. 22.
Couleurs franches. ,,Les couleurs franches comprennent les couleurs qu'ils appellent simples, le rouge, le jaune, le bleu, et celles qui résultent de leurs mélanges binaires, l'orangé, le vert, le violet et leurs nuances`` (CHEVREUL, Contraste simult. coul., 1839, p. 85). Le caractère timide du français fait qu'il emploie rarement les couleurs franches : vert, rouge, bleu, jaune vif; il préfère les nuances indécises (STENDHAL, Brulard, t. 1, 1836, p. 60).
Vin franc. ,,Vin naturel quant à la qualité ou quant au goût`` (DG). C'est un franc et généreux vin, mais un peu vert et qui a besoin de la bouteille (BLOY, Journal, 1904, p. 211).
AGRIC. Terre franche. Bonne terre végétale, propre à la culture, sans cailloux, ni graviers, et contenant en proportions convenables, calcaire, sable, humus, argile (d'apr. PLAIS.-CAILL. 1958). La betterave demande de bonnes terres franches, profondes et fraîches sans être humides (ROUBERTY, Sucr., 1922, p. 19).
HORTIC. Qui est issu directement d'un semis ou d'une bouture; qui porte des fruits doux sans avoir été greffé, p. oppos. à sauvageon. Arbre franc ou franc de pied. On courait les bois, on choisissait un pied franc de néflier ou de houx, droit, robuste (PESQUIDOUX, Livre raison, 1932, p. 241).
P. méton. Les fruits eux-mêmes. Noisettes franches. Pêche franche (Ac. 1798, 1932). Pommiers de reinette franche (Voy. La Pérouse, t. 1, 1797, p. 239).
P. ell., en emploi subst. Enter franc sur franc. ,,Enter un scion d'arbre franc sur un autre arbre franc`` (Ac. 1798-1932). Enter franc sur sauvageon. ,,Enter un scion d'arbre franc sur un sauvageon`` (Ac. 1798-1932)
c) Qui est complet, véritable; qui présente toutes les caractéristiques; qui remplit les conditions requises. Synon. proprement dit. On n'employait que du chêne franc, le plus pur, le plus sain, le plus dru; jamais de tauzin (PESQUIDOUX, Livre raison, 1928, p. 135). Tandis que chez le cheval on constate presque toujours la pneumonie franche, chez le chien, la bronchite et la pneumonie coexistent (GARCIN, Guide vétér., 1944, p. 98). V. arrogant ex. 7.
Prononc. et Orth. :[], fém. []. D'apr. les dict. plus anc., de FÉR. Crit. t. 2 1787 à DG, c se lie au sing. et s au plur. À comparer avec franc, franque. Mais d'apr. FOUCHÉ Prononc. 1959, p. 470, c ne se lie au sing, que dans les cas suiv. : franc‿alleu, franc‿archer, à franc‿étrier contrairement à franc/ étourdi, franc/hypocrite, franc/imbécile. Au plur. c'est l'inverse qui se pratique : on prononce francs‿étourdis, francs‿hypocrites, francs‿imbéciles, mais francs/alleus, francs/archers. L'adj. est admis ds Ac. 1694-1932. Étymol. et Hist. 1. a) Ca 1050 « de condition libre » (Alexis, éd. Chr. Storey, 227); b) ca 1100 « de naissance noble » (Roland, éd. J. Bédier, 3978); c) ca 1170 « libéré de certaines servitudes » (G. DE SAINT-PAIR, Mont-Saint-Michel, éd. P. Redlich, 340); d) 1723 franc de port (J. SAVARY DES BRUSLONS, Dict. universel de commerce, t. 2 p. 1187 ds FEW t. 15, 2, p. 165b); 2. a) 1269 « (vin, etc.) qui présente des qualités de pureté, de naturel » (Doc. ap. M. CANAT DE CHIZY, Doc. inéd. pour servir à l'hist. de la Bourgogne, t. 1, p. 106); b) 1585 jours francs « jours entiers » (N. DU FAIL, Contes d'Eutrapel ds Œuvres facétieuses, éd. J. Assézat, t. 2, p. 104); c) av. 1630 précédant un subst. « qui est véritablement tel » (A. D'AUBIGNÉ, Vie, XVIII ds LITTRÉ); 3. début du XIVe s. « cultivé (d'une plante) » (Propriétés des choses, II, 29, 14 ds T.-L.); 4. 1456 franc au collier « se donnant généreusement à l'effort » (VILLON, Lais, éd. J. Rychner et A. Henry, 4); 5. 1611 « qui s'exprime ouvertement, sans artifice ni réticence » (COTGR.). De Franc (v. franc1), attesté en lat. médiév. sous la forme Francus (HOLLYMAN, pp. 145-150; NIERM.), désignant d'abord l'homme libre (fin du VIe s., ibid.), puis celui qui est libéré de certaines servitudes (IXe s., ibid.). Au sens 5, franc a remplacé vrai, usuel en a. et m. français.
STAT. — Franc1, 2 et 3. Fréq. abs. littér. :18 339. Fréq. rel. littér. :XIXe s. : a) 28 210, b) 35 421; XXe s. : a) 32 244, b) 15 545.
BBG. — BURGESS (G. S.). Contribution à l'ét. du vocab. pré-courtois. Genève, 1970, pp. 56-67. — GRUNDT (L.-O.). Ét. sur l'adj. invarié en fr. Bergen-Oslo-Tromsø, 1972, p. 52, 72, 221, 227, 230, 233. — HOPE 1971, p. 361. — QUEM. DDL t. 5, 6. — SAIN. Arg. 1972 [1907], p. 198. — STIMM (H.). Die Romanischen Wörter für frei. Saarbrücken, 1967, pp. 24-43. — VENCKELEER (T.). Le Sort des mots d'orig. germ. ds l'expr. de l'estime au Moy. Âge. In : Congrès Internat. de Ling. et Philol. Rom. 13. 1971. Québec. Québec, 1976, t. 2, pp. 20-24.
IV.
⇒FRANC4, adv.
A.— De manière sincère; ouvertement et sans dissimulation. Parler franc (cf. HUGO, Légende, t. 1, 1859, p. 188). Au fond, sur un sofa, je vois deux femmes nues : l'une montre son ventre, et l'autre son derrière (...). Moi, gêné, je n'ose regarder franc ces deux modèles (RENARD, Journal, 1894, p. 252).
B.— De manière nette, précise, hardie. D'un coup de pioche, le métayer cassait franc, en deux, quelque caillou bien net (POURRAT, Gaspard, 1931, p. 86).
C.— Synon. de tout à fait, entièrement. Et sans pilote, le navire filait droit nord. Sans vents, la voile était franc grosse (GIRAUDOUX, Guerre Troie, 1935, II, 12, p. 170).
Prononc. :[]. Étymol. et Hist. V. franc3.

1. franc, franque [fʀɑ̃, fʀɑ̃k] n. et adj.
ÉTYM. Xe, Vie de saint Léger; lat. Francus, francique Frank.
1 (1681). Membre des peuplades germaniques qui, à la veille des grandes invasions, occupaient les rives du Rhin (Francs Ripuaires) et la région maritime de la Belgique et de la Hollande (Francs Saliens). || Loi des Francs Saliens. Salique. || L'angon, la framée, la francisque, le scramasaxe, armes des Francs. || Sous Clovis (481-511), les Francs conquirent la plus grande partie de la Gaule. || La langue des Francs. Francique.
1 Les Francs commençaient alors à se faire craindre. C'était une ligue de peuples germains, qui habitaient le long du Rhin. Leur nom montre qu'ils étaient unis par l'amour de la liberté.
Bossuet, Hist., I, 10.
2 Qui étaient et d'où venaient ces Francs, lesquels, en très petit nombre et en très peu de temps, s'emparèrent de toutes les Gaules (…) ? Je viens de lire un auteur qui commence par ces mots : Les Francs dont nous descendons. Hé ! mon ami, qui vous a dit que vous descendez en droite ligne d'un Franc ? Hildvic ou Clodvic, que nous nommons Clovis, n'avait probablement pas plus de vingt mille hommes (…) quand il subjugua environ huit ou dix millions de Welches ou Gaulois (…)
Voltaire, Dict. philosophique, Franc.
3 Parés de la dépouille des ours, des veaux marins, des aurochs et des sangliers, les Francs se montraient de loin comme un troupeau de bêtes féroces. Une tunique courte et serrée laissait voir toute la hauteur de leur taille et ne leur cachait pas le genou. Les yeux de ces barbares ont la couleur d'une mer orageuse; leur chevelure blonde, ramenée en avant sur leur poitrine, et teinte d'une liqueur rouge, est semblable à du sang et à du feu.
Chateaubriand, les Martyrs, VI.
Adj. || Peuplade, tribu franque. || Période franque, du Ve au IXe siècle. || Les Mérovingiens et les Carolingiens, dynasties franques. || La langue franque. Francique.
2 (1606). Anciennt. Nom donné (depuis les Croisades) aux Européens, dans les ports du Levant. || Le quartier des Francs.
Adj. || La colonie franque de Tripoli.(1670). Vx. || La langue franque : sabir, mélange de langues romanes (français, italien, espagnol) et d'arabe, de turc… parlé dans le Levant (on dit aujourd'hui : la lingua franca [lingwafʀɑ̃ka]).Par ext. || Langue franque ou, plus souvent, lingua franca : langue mixte (sabir, pidgin).
4 (…) le Mufti invoque Mahomet en langue franque (…)
Molière, le Bourgeois gentilhomme, IV, Cérémonie turque.
————————
2. franc, franche [fʀɑ̃, fʀɑ̃ʃ] adj.
ÉTYM. 1080, Chanson de Roland; du nom ethnique Franc, francique Frank, latinisé très tôt en Francus.
———
I
1 Vx. De condition libre.
1 On n'a pas reçu le droit des esclaves en France; tous les hommes y sont francs et libres.
Furetière, in Hatzfeld.
(V. 1460). Métaphysiquement ou moralement libre. || Franc arbitre (libre arbitre). → Électif (cit. 1)
2 Je ne me résoudrai jamais à l'hyménée
Que d'une volonté franche et déterminée (…)
Corneille, la Place royale, IV, 1.
3 (…) il n'y a que la volonté seule ou la seule liberté du franc arbitre que j'expérimente en moi être si grande que je ne conçois point l'idée d'aucune autre plus ample et plus étendue (…)
Descartes, Méditations métaphysiques, IV.
2 Mod. (en loc.). Sans entrave, ni gêne, ni obligation.Avoir ses coudées (cit. 3) franches.Franc du collier.À franc étrier.Franche lippée. || Franc-parler (voir à l'ordre alphabétique).
3.1 Enfant gâté d'un grand journal dont le directeur était (il l'est toujours) mon ami et où je me flattais d'avoir mes coudées franches (…)
F. Mauriac, le Nouveau Bloc-notes 1958-1960, p. 11.
Corps francs : troupes ne faisant pas partie des unités combattantes régulières. Franc-tireur.
3.2 Cette femme avait délivré son mari, mitraillette en main, ce garçon avait fait partie du groupe franc qui avait attaqué un fourgon de la Gestapo devant le Palais de Justice (…)
Malraux, Antimémoires, Folio, p. 119.
(1900 au football, 1901 au rugby, in Petiot). Sports. || Coup franc : coup tiré sans opposition de l'adversaire. || Certaines fautes, au football, au rugby, sont sanctionnées par des coups francs. Pénalité, et aussi penalty. || But, panier marqué sur coup franc.Lancer franc (au basket, au water-polo)Jet franc (handball).
Mar. || Barre franche : barre de gouvernail qu'on manœuvre directement à la main, sans l'aide d'une roue ou d'un palan. || Gouverner à barre franche.Navire franc d'eau, d'où on a pompé toute l'eau. || Pompe franche, qui ne jette plus d'eau.
3 a (Mil. XIVe). || Franc de : libéré de (certaines servitudes).Vx. || Franc d'ambition, franc d'envie, de crainte (→ Esprit, cit. 27).
(1723). || Franc de port, se dit d'une marchandise dont le destinataire n'a pas à payer les frais de port et d'emballage. Franco. || Clause de franc de port. || Expédier un colis franc de port.
REM. Franc dans franc de port peut dans tous les cas s'accorder ou rester invariable. Recevoir une bonbonne franc ou franche de port. En général, quand l'expression précède le nom, elle est considérée comme adverbiale et reste invariable. Expédier franc de port une caisse de vins.
b (XIIe). Exempt de charges, taxes, impositions. Franchise. Exempt, exonéré. || Port franc. || Zone franche. || Région proclamée zone franche ( Défiscaliser). || Boutique franche.Ville franche.
(Vieilli). || Avoir le port franc, ses ports francs : être dispensé du port de ce qu'on reçoit par la poste.
4 (Déb. XIIIe; quitte et franc, v. 1175). Dr. || Clause franc et quitte : formule de droit signifiant qu'une personne ou une propriété n'est grevée d'aucune dette.
———
II
1 (1580). Personnes. Cour. Qui s'exprime ou se présente ouvertement, en toute clarté, sans artifice ni réticence. Droit, honnête, loyal, naturel, sincère. || Être franc avec un ami (→ Avertissement, cit. 5). || Je vais être franc avec vous : je vais parler franchement. Direct, net. || Cœur, caractère franc. Ouvert, spontané. || Il est bon, simple et franc. || Franc par humeur, plutôt que par caractère (→ Faux, cit. 25). || Il me met mal à l'aise, je ne le trouve pas franc. || Franc jusqu'à l'imprudence, jusqu'à la colère (→ Pousser, cit. 18). — ☑ Loc. (vx). Franc comme l'osier (l'osier ne présentant pas de nœuds) : très franc. — ☑ Loc. mod. (1865). Franc comme l'or (par jeu de mots avec la monnaie d'or) : très franc (→ Bon, cit. 75).
4 Être franc et sincère est mon plus grand talent;
Je ne sais point jouer les hommes en parlant.
Molière, le Misanthrope, III, 5.
5 Une femme est franche quand elle ne fait pas de mensonges inutiles.
France, le Lys rouge, XX.
6 Un homme franc est un homme qui a des réactions simples. Son système de relation est un système de « plus courts chemins ». On pourrait reconnaître la franchise d'un homme à bien d'autres marques que dans ses modes d'agir à l'égard des autres hommes. Mais d'abord dans ses réactions devant n'importe quel objet et dans n'importe quelles circonstances.
Valéry, Rhumbs, p. 240.
7 Je les ai trouvés, par moments, assez sympathiques. C'est, je crois, qu'ils sont francs, simples, qu'ils apportent de la bonhomie, de la gaieté dans leurs peccadilles, qu'ils ne s'exagèrent pas leurs vertus, qu'ils se voient tels qu'ils sont (…)
Paul Léautaud, le Théâtre de M. Boissard, XV.
2 Qui exprime la loyauté. || Visage franc (→ Bon, cit. 43). || Physionomie franche (→ Cordial, cit. 4). || Regard franc (→ Autre, cit. 93). Direct, limpide. || Ton, air franc. || Avoir des manières franches. || Un rire franc, sans arrière-pensée (cit. 1). || Aveu qui a le mérite d'être franc. Ingénu.Son attitude, sa conduite n'a pas été franche dans cette affaire. || Avoir une franche et sérieuse explication avec quelqu'un.
7.1 Ses yeux étaient d'un bleu foncé, avec un regard droit, franc (…) et ils brillaient sous une arcade dont les muscles sourciliers, contractés faiblement, témoignaient d'un courage élevé (…)
J. Verne, Michel Strogoff, p. 34.
8 Ton rire éclatait
Sans gêne et sans art,
Franc, sonore et libre.
Verlaine, Amour, « Lucien Létinois », XXIV.
3 (Mil. XVIe). Qui ne contient aucun piège, aucune dissimulation, qui est sans ambiguïté. Net. || Situation franche. Clair. || Je vois dans cette critique une franche condamnation. Carré, catégorique, certain, précis. || Une franche hostilité. Déclaré. || Franche gaieté (→ Étudiant, cit. 3; étincelant, cit. 7; folâtre, cit. 1). || Franche licence (→ Épicurisme, cit. 3). || Allure franche. Décidé, ferme. — ☑ (Av. 1850). Jouer franc jeu, y aller (cit. 66) de franc jeu (vx) : agir sans hésitation, sans arrière-pensée, en respectant les règles. Table (jouer cartes sur table).
9 Le magistrat devint honteux. — Je puis vous en faire lire; mais, , pas de farce ! Nous jouons franc jeu ?… Vous me rendrez les lettres, et vous défendrez qu'on moucharde, qu'on suive et qu'on regarde la personne qui va les apporter.
Balzac, Splendeurs et Misères des courtisanes, Pl., t. V, p. 1116.
10 (…) je portais partout la passion, la spontanéité, ce que j'appelais le franc-jeu, quand les femmes n'y mettent que calcul, prudence, dissimulation et diplomatie.
Paul Léautaud, Propos d'un jour, p. 21.
11 Poumapi fut désagréablement surpris. Mais il n'y avait rien à dire. Le coup était franc, il avait été exécuté en face, sans tricherie aucune.
Michaux, La nuit remue, L'âge héroïque.
4 (XVe). Choses concrètes. Qui présente des caractères de pureté, de naturel. || Vin franc, qui a un goût prononcé et une qualité sûre.Couleur franche, aussi proche que possible des couleurs primitives. Tranché. || Lumière franche. Cru.
12 (…) l'harmonie d'une composition sera d'autant plus durable que le peintre (…) aura moins remanié, tourmenté sa couleur; l'aura employée plus simple et plus franche.
Diderot, Essai sur la peinture, II.
13 Le caractère timide du Français fait qu'il emploie rarement les couleurs franches : vert, rouge, bleu, jaune vif; il préfère les nuances indécises.
Stendhal, Vie de Henry Brulard, 5.
(1762). Spécialt. Qui marque autant de hardiesse que de sûreté dans la manière (en art). Hardi, sûr. || La manière franche d'un peintre.Par ext. || Touche franche. || Dessin, trait franc; pinceau, ciseau franc.
13.1 Ces contours sont lavés et ne sont pas francs (…)
E. Delacroix, Journal, 11 avr. 1824.
(Dans des syntagmes désignant des animaux). || Plie franche. Carrelet.Moineau franc.
(1750). Agric. || Terre franche : terre arable contenant dans des proportions harmonieuses les éléments nécessaires à la culture (humus, argile, silice, calcaire). || « Les terres franches sont celles dont les caractères sont pondérés, qui possèdent les qualités des terres fortes et des terres légères, sans en présenter les défauts » (Omnium agricole).
(XIVe). Arbor. || Arbre franc, et, n. m., franc : sujet appartenant à la même espèce que le greffon.REM. On prend parfois franc dans le sens plus restreint d'« arbre non greffé et amélioré par la culture », en l'opposant à sauvageon. || Enter franc sur franc, franc sur sauvageon.(1865). || Franc de pied : non greffé, issu directement d'un semis de graine (pommier, oranger franc de pied), d'une bouture (rosier franc de pied), etc.Par ext. Se dit des fruits eux-mêmes. || Pêche franche.
14 Il semble que les arbres francs de pied (c'est-à-dire directement issus d'un semis de graine) soient mieux armés contre le froid que les arbres greffés.
Paul Robert, les Agrumes dans le monde, p. 29.
5 (Précédant le nom). Iron. et péj. Qui est véritablement tel. Achevé, fieffé, véritable, vrai. || Une franche canaille. || Un franc scélérat. || Une franche coquette. || Un franc animal (cit. 15). || Un véritable et franc hypocrite (→ Couleur, cit. 24). || Franc imbécile. || Franc étourdi (→ Convenir, cit. 5). || Franche sottise. || Franche maladresse. || Quelle franche comédie !
15 Ceux que je voyais aimés étaient de francs polissons, ma fierté s'appuya sur cette observation, je demeurai seul.
Balzac, le Lys dans la vallée, Pl., t. VIII, p. 775.
6 (1694). Dr. Complet, entier, plein. || Huit jours francs : huit jours complets de 24 heures (tels qu'on les compte dans les assignations à huitaine).
7 Adv. (V. 1460). Littér. D'une manière franche. Franchement, nettement, ouvertement, résolument. || Parler franc et net. Ambages (sans). || À parler franc (→ Esprit, cit. 172). || Je le dirai tout franc.Vx. || Tout franc : pour parler franc.
16 Tout franc, vous vous levez tous les jours trop matin (…)
Racine, les Plaideurs, I, 1.
17 (…) d'une façon charmante, avec une modestie qui sonne si franc que (…)
Gide, Journal, janv. 1890.
CONTR. Assujetti, imposé, taxé. — Artificieux, boutonné, cachottier, dissimulateur, dissimulé, fallacieux, faux, hypocrite, menteur, renfermé, sournois, tortueux. — Allusif, confus, courbe, équivoque, louche, oblique. — Indécis, douteux.
DÉR. Franchement, franchir, franchise, franquette.
COMP. Affranchir, franc-alleu, franc-archer, franc-bord, franc-bourgeois, franc-canton et franc-quartier, franc-comtois, franc-fief, franc-jeu, franc-juge, franc-maçon, franc-parler, franc-réal, franc-salé, franc-tenancier, franc-tireur.
————————
3. franc [fʀɑ̃] n. m.
ÉTYM. 1360; p.-ê. de la devise Francorum rex « roi des Francs » sur les premières pièces de ce nom.
1 Anciennt. Monnaie d'or, équivalant à une livre, ou vingt sols. || Francs à cheval, francs à pied : pièces d'or du roi Jean, de Charles V, sur lesquelles le roi était représenté à cheval, à piedFrancs d'argent, de Henri III. || Sous Louis XIII le franc cessa d'être une monnaie réelle ( Louis) mais demeura monnaie de compte. || Un franc valait un tiers d'écu ou une livre, ou vingt sols tournois.
1 Ce sont vingt mille francs qu'il m'en pourra coûter;
Mais, pour vingt mille francs, j'aurai droit de pester.
Molière, le Misanthrope, V, 1.
2 De là un franc en argent ou en or, pour exprimer la monnaie du roi des Francs, ce qui n'arriva que lontemps après, mais qui rappelait l'origine de la monarchie. Nous disons encore vingt francs, vingt livres (…)
Voltaire, Dict. philosophique, Franc.
Loc. adv. (1835). Au marc le franc. Marc.
2 (1795 : 18 germinal an III). Unité monétaire légale de la France — dont la valeur a souvent varié, en particulier en 1960, où un « nouveau franc » a été institué, valant cent francs anciens (avant l'euro).Franc germinal (loi du 7 germinal an XI — 28 mars 1803) : nom donné à la monnaie de compte identifiée avec une pièce de monnaie réelle formée de 5 grammes d'argent au titre 9/10. || Le franc de germinal correspondait à 0,3225 g d'or à 900/1 000, soit 0,2903 g d'or pur. || Franc Poincaré : nom donné au franc légalement défini (loi du 25 juin 1928) par un poids de 0,0655 g d'or à 900/1 000, soit 0,0589 g d'or pur. || Chute (cit. 15), dévaluations du franc.(Déb. XXe). || Des francs-or. || Des francs-papier. || Franc Auriol : nom donné au franc dévalué par la loi du 1er octobre 1936. || Franc Bonnet ou franc flottant (1937). || Franc Reynaud (1938). || Dépréciation du franc depuis 1940.
3 (…) la dernière valeur officielle du franc (après la loi du 4 août 1950 sur la réévaluation de l'encaisse de la Banque de France) est de 2 mgr. 541 d'or fin.
Reboud et Guitton, Précis d'économie politique, t. I, p. 677.
4 (…) l'heure où chaque table reçoit alternée la visite des chiens pour le sucre, des sourds-muets pour les deux sous, de ces dames pour le briquet ou pour le franc cinquante de leur taxi (…)
Giraudoux, Siegfried et le Limousin, p. 22.
(Après 1960). Vieilli. || Ancien franc (A. F.), fam. franc léger, l'unité antérieure, égale à un centième du nouveau franc légal ( 4. Balle [fam.]; centime). || Nouveau franc (N. F.); fam. franc lourd.
REM. Un grand nombre de personnes continuant à s'exprimer en francs anciens dans le langage courant, le terme nouveau franc reste usité, en dépit des textes officiels (→ ci-dessous), pour éviter la confusion; cet usage tend à disparaître, comme ancien franc, en général remplacé par centime.
5 L'ordonnance (…) du 27 décembre 1958 (…) avait prévu qu'à partir d'une date fixée par décret, et au plus tard le 1er janvier 1960, il serait créé une nouvelle unité monétaire française d'une valeur égale à cent francs (…) En application de (cette) ordonnance, un décret du 18 novembre 1959 (…) précise, à son art. 1er, que l'unité monétaire nouvelle conserve le nom de franc. Afin de la distinguer de l'unité monétaire précédemment en cours, elle est désignée par le terme « nouveau franc ». Son symbole est N. F.
Dalloz, Nouveau répertoire, 1960, art. Monnaie, p. 848.
6 Mais un décret du 9 novembre 1962 (…) applicable depuis le 1er janvier 1963 en vertu d'un arrêté de même date (…) dispose que l'unité monétaire instituée par l'ordonnance du 27 décembre 1958, et qui a conservé le nom de franc, cesse d'être désignée par le terme de « nouveau franc ». Son symbole est F. L'unité de monnaie en cours avant le 1er janvier 1960 est désignée par le terme ancien franc.
Dalloz, Nouveau répertoire, 1963, art. Monnaie, p. 280.
7 — Jamais Monsieur n'a manqué d'argent ici.
— Alors, concluons : il y avait toujours au moins deux cent à trois cent mille anciens francs dans le coffre ?
René Floriot, La vérité tient à un fil, p. 49.
Francs constants.
Franc vert : franc français, en tant qu'unité des prix agricoles européens. || « Faut-il ajuster le franc vert ? » (la République du Centre, 4 déc. 1981).
3 (XIXe; hors de France). || Franc belge, franc luxembourgeois : unité monétaire légale de la Belgique, du Luxembourg (avant l'euro).Franc suisse : unité monétaire légale de la Suisse.REM. On dit franc, dans chacun de ces pays, et franc français (pour franc, 2.) hors de France, et dans le langage financier (abrév. : F. F.) — (Mil. XXe). || Franc C. F. A. ( C. F. A.).En franç. d'Afrique. || Franc métro (métropolitain) : le franc français (opposé à franc C. F. A.).
COMP. Demi-franc, eurofranc.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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